
À l’occasion de la Fête de la musique célébrée le 21 juin, l’Institut français de Côte d’Ivoire a accueilli, le 19 juin, le premier spectacle solo d’Abou Bassa. Intitulé « Héritage », ce concert, préparé en deux mois, retrace plus de trente ans de parcours artistique à travers dix titres inspirés des voyages, des rencontres et des engagements du musicien ivoirien. Entouré de son ami de longue date Boni Gnahoré et rejoint sur scène par ses enfants, Yilim et Didi B, l’artiste a offert au public un moment de transmission entre générations, porté par des sonorités ivoiriennes, mandingues et afrobeat.
Après plus de trois décennies passées à accompagner d’autres artistes, Abou Bassa a choisi de se raconter. Vendredi soir, sur la scène de l’Institut français de Côte d’Ivoire, le musicien ivoirien a présenté « Héritage », son tout premier spectacle solo.
« C’est un sentiment de joie. Je suis heureux », confie-t-il après le concert. « Tout ce que j’ai rencontré comme difficultés était exaltant, parce que c’étaient des difficultés que je pouvais surmonter. Aujourd’hui, c’est un sentiment de fierté. »
Préparé en seulement deux mois, le spectacle a été pensé comme une traversée artistique à travers les moments marquants de son parcours.
« Je suis fier, franchement. Nous sommes venus pour apprendre et nous avons découvert une autre facette de lui. Nous le connaissions déjà, mais c’est la première fois qu’il présente son propre spectacle. En tant qu’enfants, nous sommes fiers de lui. » confie l’artiste.
Très actif sur les réseaux sociaux, où il observe les critiques visant parfois ses enfants, Abou Bassa à leur témoigner son soutien.
« Je suis un père qui se doit de soutenir ses enfants. C’est une façon de dire à leurs détracteurs : vous ne savez pas de quoi ils sont capables. Regardez juste derrière eux : ils sont adossés à un baobab. Ils n’ont encore rien montré de leurs talents »
Dans la salle, l’émotion était palpable. Le public, composé de jeunes et de moins jeunes, a répondu présent.
« Je vois qu’on a encore beaucoup de choses à partager ensemble. Je vois qu’on a de l’amour à partager », affirme Abou Bassa.
« Il y a trop de haine dans le monde. Les gens s’insultent gratuitement. Moi, je prône l’amour. »
Pour Loïc Kahoty, quadragénaire, le concert révèle toute la dimension de l’artiste.
« Je rentre avec le souvenir d’un artiste accompli qui a laissé quelque chose à une autre génération. Pour moi, c’est un produit fini. »
« C’est la première fois que je voyais Abou Bassa en spectacle. C’était un régal du début à la fin, ce qui est rare dans les spectacles aujourd’hui. »
Présente à la soirée, la ministre de la Culture, Françoise Remarck, a salué un spectacle qui fait écho à son propre parcours.
« J’ai connu le Village Ki-Yi, le Centre culturel français. Ce spectacle m’a replongée dans beaucoup de souvenirs. J’ai tenu à être ici pour vous soutenir. »
Pour Jean Mathinot, directeur de l’Institut français de Côte d’Ivoire, cette programmation s’inscrit dans la dynamique de la Fête de la musique.
« Cela fait quatre ans que nous développons des moments privilégiés autour de cette fête. C’était le moment de rendre hommage à un baobab, à quelqu’un qui a profondément marqué les dernières décennies de la musique ivoirienne, cet hommage était amplement mérité. »
À la question de savoir si « Héritage » connaîtra d’autres représentations, Abou Bassa répond simplement : « Inch’Allah. »
Une réponse qui laisse entrevoir la suite d’une aventure artistique que le public semble déjà prêt à prolonger.
Amy Korobara