Ce lundi 23 février 2026, la Côte d’Ivoire a vécu un moment d’une portée historique exceptionnelle. Au Musée du Quai Branly – Jacques Chirac, à Paris, la cérémonie officielle marquant le retour du Djidji Ayokwè, tambour parleur ancestral du peuple Atchan, a scellé l’aboutissement d’un long processus diplomatique et culturel. Entre rites traditionnels, signature de l’acte de transfert de propriété et présence de hautes autorités ivoiriennes et françaises, l’événement consacre le retour d’un symbole majeur de mémoire, d’identité et d’unité nationale.
Organisée par la Ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, la cérémonie de libation a été réalisée par les chefs Bidjan, selon les rites ancestraux. La Ministre a procédé à la signature officielle de l’acte de transfert de propriété et de remise matérielle du tambour, actant ainsi son retour des autorités françaises aux autorités ivoiriennes.
L’événement s’est déroulé en présence de l’Ambassadeur de Côte d’Ivoire en France et en Principauté de Monaco, Maurice Bandaman Kouakou, du représentant de la Ministre française de la Culture, ainsi que de personnalités diplomatiques et parlementaires des deux pays. Une importante délégation d’Ivoiriens de France et d’Europe a également pris part à cette cérémonie empreinte d’émotion et de fierté.
La libation a été conduite par Agoba Béké Félix, Chef de Cocody village, conformément à la tradition Atchan qui confère à Cocody, premier village de la migration du peuple Bidjan, la responsabilité d’accomplir cet acte sacré. Les chefs traditionnels Atchan ont exprimé leur gratitude au Président de la République, Alassane Ouattara, soulignant que le Djidji Ayokwè, arraché durant la colonisation, revient aujourd’hui comme un symbole national restauré.
Ils ont également rappelé que le Chef du Gouvernement, Robert Beugré Mambé, est membre de la grande famille Atchan et que Madame la Ministre est elle-même fille des Bidjan d’Adjamé — une dimension qui confère à ce retour une résonance particulière.
Par la voix de leur porte-parole, Akedji Jean Baptiste, notable de Bidjanté (Attécoubé), les chefs ont affirmé que le tambour parleur Djidji Ayokwè restitué est bien celui qui avait été pris et arraché à la communauté Bidjan. Ils ont salué la patience, le courage et la résilience qui ont permis d’aboutir à ce résultat, malgré les doutes et les douleurs liées à son absence.
Dans son allocution, Madame la Ministre a mis en lumière l’engagement conjoint du Président ivoirien et de son homologue français, Emmanuel Macron, ainsi que la coopération bilatérale exemplaire qui a rendu possible cette restitution. Elle a également remercié son homologue française, Rachida Dati, pour sa détermination dans l’aboutissement du dossier.
Au-delà de l’acte symbolique, le retour du Djidji Ayokwè est présenté comme une affaire nationale. Symbole de mémoire et d’histoire, il mobilise chercheurs, conservateurs, enseignants, scientifiques, muséologues et jeunes générations autour d’un patrimoine désormais réapproprié.
Avant la Ministre, l’Ambassadeur de Côte d’Ivoire en France avait rappelé les grandes étapes d’un processus appelé à faire date et susceptible d’inspirer d’autres nations engagées dans la quête de restitution de leurs biens culturels.
Avec le Djidji Ayokwè, c’est une page d’histoire qui se referme, et une autre qui s’ouvre — celle d’une mémoire réhabilitée et d’une identité pleinement assumée.
La rédaction